Mon engagement art et écologie

L’art au service de l’écologie

Quelle traduction plastique pour les  atteintes sur le cycle de l’eau ?

Mon expérience d’ingénieur environnement sur les champs pétroliers off-shore me permet de poser à travers mes toiles les questions  clés révélées par les catastrophes écologiques récentes :

  • Avril 2010, Golfe du Mexique : Explosion de la plateforme pétrolière de BP  Deepwater Horizon sur le puits Macondo: plus grande pollution pétrolière en mer de tous les temps (60 000 barils/jours relargués pendant 3 mois) Réf. biblio. Projet Coal 2010 de Nicole King.
  • 2 mars 2011, Fukushima, Japon : Perte de contrôle des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima (16 milliards de milliards de becquerels échoués en mer depuis juin 2011, plus de 180 000 personnes déplacées définitivement)
    Réf. biblio. Libération du 19 mars 2013 p. 19 « Fukushima, irradiation à flot continu »
  • 25 mars 2012, Mer du Nord : Explosion de la plateforme de gaz Elgin : rejets de 200 000 m3 de gaz/jour pendant 3 mois puis colmatage partiel jusqu’à l’arrêt des rejets en octobre 2012. Réf. biblio. Le Monde du 8 mars 2013, P.13 « Total peut reprendre l’extraction de gaz sur Elgin »

Quels moyens pour contrôler l’appropriation de l’océan par les multinationales ?

L’ampleur du rejet de quatre millions de barils de pétrole brut dans le Golfe du Mexique aurait dû permettre d’imposer des règles internationales non négociables dans le cadre d’un organisme de contrôle sous l’égide des Nations-Unies.

Or les impacts ont été minimisés et la couverture médiatique visuelle très limitée.
Editorial du Courrier de la Nature no 256 Sept-Oct 2010 « Un an après, la marée est toujours noire » .

British Petroleum, afin de satisfaire nos besoins énergétiques toujours croissants, continue de forer toujours plus profond. La responsabilité du désastre incombe non seulement aux défaillances techniques mais aussi aux décisions politiques conditionnées par notre style de vie au détriment du respect pour l’environnement. (Lire aussi Arne Naess, philosophe de la Deep Ecology.)

Notre économie et notre style de vie doivent intégrer d’urgence les impacts environnementaux sur le long terme.

Triptyque « Deepwater Horizon : l’Océan pris en otage »

Technique utilisée : peinture à l’huile sur sacs poubelle marouflés sur toile. Les sacs poubelle symbolisent notre dépendance au pétrole

DeepWaterHorizon

  • Panneau 1 : Avant la catastrophe : l’écosystème côtier de la mangrove à palétuviers menacée sur toute la planète et d’importance écologique capitale dont les racines aériennes sont très sensibles à la pollution  et assurent la respiration
  • Panneau 2 : L’explosion : plateforme en feu, fumée et fournaise en mer
  • Panneau 3 : Après la catastrophe : oiseaux mazoutés (6114 – estimation du Conseil américain de défense des ressources naturelles-), regards d’enfants du monde

Mon expérience scientifique dans ce domaine

Lors de la Guerre du Golfe de 1991, porte- parole au WWF International, je fus l’un des seuls experts à dénoncer dans les médias le non-respect des réglementations internationales de l’industrie pétrolière en matière de sécurité : 300 puits de pétrole avaient pris feu et brûlé pendant des mois car les vannes de sécurité automatiques au fond des puits n’avaient jamais étés installées.

La catastrophe de Deepwater Horizon n’aurait pas eu lieu si le BOP (Blow Out Preventer : grosse vanne de sécurité de fond de puits) avait été mieux dimensionné et en bon état de fonctionnement.

Quel processus décisionnel pour éviter de futures catastrophes écologiques planétaires ?

Au Japon, en mars 2011 la vague du tsunami a dépassé le mur d’enceinte pour noyer les circuits électriques du système de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima. Des décideurs politiques irresponsables ont laissé construire sur une zone de haute sismicité des réacteurs nucléaires  devenus aujourd’hui totalement incontrôlables : la libération continue de radionucléides dans l’océan Pacifique depuis un an constitue un risque planétaire et démontre à nouveau le sacrifice de la sécurité des populations et de l’environnement au profit de l’économie à court terme.

« Quel Littoral pour demain ? En mémoire de Fukushima »

QuelLittoral

Cette toile évoque l’effet du désastre de Fukushima sur une zone côtière symbolique : l’écosystème fragile de la pointe de Spano en Corse.

Mon expérience scientifique dans le domaine

En 1991, alors expert Eau & Pollution au WWF International, j’ai initié la définition des 3 priorités pour le lancement de leur programme marin incluant 27 pays-membres :

  •  La prévention des pollutions
  •  La gestion intégrée des zones côtières
  •  La surexploitation des pêcheries et les menaces sur la biodiversité des océans.

Combien d’explosions industrielles à venir avant d’atteindre le déséquilibre irréversible des écosystèmes aquatiques ?

Depuis Deepwater Horizon, aucune leçon n’a réellement été tirée de cette catastrophe puisque la pénalisation du secteur pétrolier n’est pas à la hauteur des enjeux environnementaux.

En Mer du Nord, c’est au tour de Total de perdre le contrôle d’un puits de gaz pendant 6 mois.

« Explosion d’Elgin » (détail)

ElginDetail

La nature défigurée par les activités industrielles ne peut plus être peinte comme avant : pour éviter tout paradoxe performatif je choisis dans mes images de représenter la technique avec le moyen technologique de la photographie combiné à la peinture, geste écologique naturel.

Ici la plateforme explose, pulvérisée par la force de l’océan, provoqué par les forages pétroliers de trop grande profondeur.

Mon expérience scientifique dans ce domaine

Ingénieur environnement chez Total pendant 10 ans, j’étais responsable des études d’impacts et des états de référence des champs pétroliers (Tambora à Bornéo, Indonésie, Terre de Feu, Argentine pour Total Austral, Alwyn en Mer du Nord, Bombay High, Inde…). J’ai notamment contribué à la définition des traitements d’eau des plateformes sur lesquelles j’ai travaillé ; c’est pourquoi j’ai une connaissance de terrain du risque qu’elles représentent.

Lors des nombreuses campagnes de mesure off-shore je récoltais des échantillons  (eau, faune et flore) et j’ai pu découvrir dans le Delta de la Mahakam (Kalimantan Est, Indonésie) une nouvelle espèce de micro-crustacé du zooplancton qui porte mon nom : le copépode Acartiella nicolae. Voir pdf bibliographie scientifique.

De telles catastrophes soulignent la question du processus de décision : ni les scientifiques, ni les politiques, ni la main invisible du marché économique ne sont à la hauteur des enjeux pour prévenir  la récurrence de ces évènements. Nous ne pouvons pas attendre la survenue de déséquilibres irréversibles pour stimuler la pensée critique et les idées novatrices nécessaires pour inventer de nouveaux systèmes à la fois médiateurs et régulateurs respectueux de la nature.

L’expression artistique a un rôle de révélateur à jouer ; l’artiste donne à voir les tensions de son époque. J’ai choisi la peinture qui intègre le temps vécu et stimule le regardeur qui prendra le temps de pénétrer dans l’œuvre peinte et approfondira ainsi sa réflexion sur la crise écologique actuelle.

Découvrez le travail de Nicole King

Mer ou pétrole ?
Guy de dos

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