Ma recherche artistique

portraitA 17 ans, j’intègre l’Atelier Clouet (rue Saint Antoine, Paris) de préparation aux Ecoles d’art décoratif où je m’initie aux techniques des arts plastiques et du dessin. Je suis reçue à l’Ecole Camondo mais la construction dévastatrice de l’autoroute A41 au pied du Mont Revard (Aix-les-Bains) où je passais tous mes étés détermine mon choix en faveur d’une formation d’ingénieur environnement.

Après douze ans de carrière internationale comme expert « eau et pollution », je me forme à l’aquarelle aux AAV du Vésinet, au dessin de modèle vivant et à la peinture à l’huile avec les techniques traditionnelles des maîtres anciens auprès d’Hélène Legrand (école de peinture de Saint-Germain-en-Laye qui prône un art cultivé apte à s’inscrire dans une continuité historique).

J’ai choisi dans la peinture une expression artistique qui sauvegarde les données du réel et intègre le temps dans la durée. La peinture à l’huile, associée à des techniques mixtes à l’eau, m’est apparue comme le medium le plus à même de servir mon projet de recherche plastique « Art et écologie » car elle permet avec une économie de moyens maximum la plus grande qualité de présence possible.

Dans mes peintures, les écosystèmes aquatiques sont pris en tenaille entre la perfection du rendu et sa déconstruction systématique : dans le sillage de Rauschenberg, je combine photos et peintures entre l’abstraction paysagée et « l’hyper-bien peint » des maîtres anciens. Afin d’éviter tout paradoxe performatif, je représente dans mes toiles les êtres vivants par la peinture, et les structures industrielles en utilisant la technique de la photographie.

Notre exclusion des autres êtres vivants hors du domaine de notre moralité anthropocentrique, nous entraîne dans des bouleversements écosystémiques et dans l’appauvrissement de la biodiversité. Véronique Perriol, directrice de la galerie Arcima (Paris) explique comment Nicole King illustre ces tensions dans sa recherche plastique :

« Dans une gamme de nuances de bleu scintillant à la lumière se développent la mer avec son mouvement houleux, l’étendue de vastes lacs parsemés de fleurs. Cette création témoigne d’un regard attentif, passionné mais inquiet porté sur la nature dont la destruction accélérée doit amener une modification de notre style de vie. C’est le combat de toute une vie pour Nicole King qui, en tant qu’artiste et ingénieure écologue, est sur tous les fronts, le sensible et le logique. « Deux métiers, un défi » résume-t-elle en confiant son « inquiétude sur l’état des écosystèmes aquatiques : proche des limites du déséquilibre irréversible. » C’est pourquoi l’eau est abordée dans son œuvre en terme d’oppositions, à la fois source de vie, pureté vivifiante et à la fois puanteur intenable, pétrifiante, stagnante, comme le résultat de l’irresponsabilité et de l’inconscience humaines.  La technique picturale répond à cette opposition. Au lisse, à la perfection chatoyante du rendu réaliste s’entrechoquent l’éclaboussure et le rugueux du collage comme ce sac plastique qui devient support de la représentation. Dans sa peinture, le flou et le net évoquent l’ajustement d’un objectif photographique et questionnent le regard du spectateur. Souhaite-t-il regarder ou fuir la réalité ? Le traitement pictural insuffle une énergie pour magnifier les beautés de la nature pour lesquelles nous n’avons pas assez d’égards. Dans des tonalités chamarrées, cette expression picturale invite à considérer avec respect la puissance des éléments naturels. »

Quels produits utiliser pour limiter les impacts des techniques de peinture :

  • Huile à l’eau
  • Turpenoid natural ou équivalent (produit américain à base d’essences naturelles de plantes et d’agrumes, idéal pour laver les pinceaux) : tremper les pinceaux et ensuite laisser décanter le produit afin de le réutiliser plusieurs fois.
  • Papiers recyclés
  • Récupération de cadres et toiles anciens et tout matériel de peintre dans les brocantes
  • Toiles de lin et de coton
  • Éviter les produits en bombe
  • Fabriquer soi-même son médium à base de vernis dammar, d’huile de lin réctifiée et de pétrole désaromatisé
  • Utiliser du vernis dammar fait maison comme vernis à retoucher à appliquer au pinceau
  • Fabriquer soi-même son vernis à tableaux
  • Acheter la toile de lin en rouleaux et la tendre soi-même sur des châssis de bois (préférer du bois de plantations gérées durablement). Elle sera ensuite recouverte à la main de colle de peau de lapin (produit naturel).

Découvrez le travail de Nicole King

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Guy de dos

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